09 octobre 2009
Un vélo pour le Lot
Le récit en images d'une randonnée à vélo. Une petite boucle de 1200 km aux travers des départements de la Gironde, du Lot-et-Garonne, du Lot, et de la Dordogne.
La saison estivale se termine et l'envie de m'évader 2 semaines en itinérant me démange. Le 23 Août je m'apprête donc à quitter l'océan pour partir remonter la vallée du Lot en cyclotouriste.
C'est l'heure des derniers préparatifs, et pour ne pas renoncer à un petit confort le vélo sera bien chargé ! (tente, matelas, réchaud à gaz, cafetière, sac de couchage, éclairage, appareil photo etc.....)
Lundi 24 Août il est 8h, je pars de Lacanau et entame le périple par les pistes cyclables en direction du bassin d'Arcachon.
Avide de kilomètres et de découvertes mes jambes s'emballent mais le poids du chargement me ramène vite à la raison. Au bout d'une trentaine de kilomètres je longe la partie Est du bassin où un parfum d'évasion me gagne.
A Biganos je quitte la piste du bassin pour emprunter celle de Mios-Bazas qui traverse le parc naturel des Landes.
Il est midi au village de Salles, l'heure de grignoter un morceau en bordure de la Leyre, une petite rivière qui coule tranquille sous une galerie végétale. (à découvrir en canoë).
Le repas terminé, je poursuis sur cette voie verte en direction de Villandraut. Belle piste à faibles dénivelés, ça roule tout seul, enfin presque !, le vélo n'est pas ultralight, ça donne soif tout ça.
Après avoir traversé Belin-Beliet, Hostens et Saint-Symphorien, j'arrive à 16h dans Villandraut. (Première journée 135 km de belles pistes cyclables).
Je m'installe dans un petit camping à proximité du château. 
A 9h30 le lendemain la tente est pliée et le vélo équipé, prêt à reprendre mon escapade. Au passage du village d' Uzeste le ciel s' obscurcie mais pour l'instant je suis encore sec. Pour combien de temps ?
En changeant de piste en direction de Langon les nuages deviennent plus menaçants et la pluie me surprend au lieu-dit La-Gare. Je sort les housses et le poncho, et poursuis mon "destin !". En quelques minutes c'est l'orage puis la foudre qui flash juste devant moi !. Pour ne pas finir grillé je dois rapidement trouver un abri. C'est donc sans hésiter que je me précipite vers la terrasse d'une habitation. Les propriétaires très sympa m'offrent un grand bol de café et une longue causette le temps qu'une accalmie se profile. cool !. <<au revoir et merci pour le café>> je reprend la route...
Mais après 5 km une nouvelle pluie battante s'abat sur moi, ce qui m'oblige à patienter un moment sous quelques arbres. Pour rejoindre la piste du canal de Garonne je vais devoir continuer sous la flotte..arrf...tant pis j'y vais !. Arrivé à Castets-en-Dorthe, une paillote au bord de l'eau me permet d'être enfin au sec et de me remplir l'estomac.
Ici les moustiques sont interdits de séjour. Et ce jour-la ils se planquaient tous, peut-être que trop d'eau pour un moustique ça l'fait pas !?
La pluie a cessée, je descend maintenant cette magnifique voie verte bordée de platanes. Elle longe le canal sur d'anciens chemins de hallage. C'est tout plat, une autoroute pour vélos !
En milieu d'après-midi je roule dans le département du Lot-et-Garonne pour arriver en fin de journée à Damazan. C'est ici que je quitte le canal de Garonne où quelques cyclos poursuivent la piste jusqu'à Toulouse et au delà. (Deuxième journée 95 km, dont 45 humides et 50 au sec).
Après avoir installé la tente je déambule dans le bourg de Damazan, un village Lot-et-Garonnais qui a du caractère. En soirée, marché des producteurs locaux avec ambiance musicale aux accents ibériques. (un régale pour les papilles)
Le lendemain cap à l' Est, retour sur le vélo et direction Aiguillon pour débuter la remontée du Lot par la véloroute.
L' itinéraire traverse une multitude de villages pittoresques bordant le Lot. Parmis eux : Clairac, Laparade, Castelmoron, Casseneuil etc..
Belle journée ensoleillée et chaude, et même très chaude lorsque je suis monté à Penne-d'Agennais. La véloroute passait au bas de ce village médiévale, mais la curiosité m'a amené là-haut. Sous une chaleur accablante,les jambes tétanisées et les mains crispées au guidon, je suis arrivé sur cette bosse ridicule ! pfff (je suis un vrai mulet dans des pentes pareilles, le confort a un prix c'est le poids !). Alors pour que je n'ai pas mouillé le tee-shirt pour rien vous avez droit aux images (panorama sur la vallée du Lot).
Descente de Penne-d'Agennais puis poursuite de la véloroute en direction de Fumel. Après une longue remontée de la vallée, la bouche asséchée et mes 2 bidons vides, je suis rentré dans un bar de Saint-Vite pour y boire un mémorable coca bien frais. Le soir camping à Condat au bord du Lot et piscine !, le bonheur quoi !. Et enfin repas dans un petit resto du coin, non en fait c'était un gros repas en compagnie de quelques locaux (pour un modique 11 euros). Estomac repus et le gars à vélo comblé ! <<c'était excellent, merci au revoir>>. Il me restait plus qu'une chose à faire : Dormir !. (107 km rassasié !, beaucoup roulé, beaucoup mangé).
Au matin du quatrième jour c'est l'heure du café traditionnel. Le château de Bonaguil étant pas très loin d'ici je me dois de lui rendre une petite visite en matinée.
Arrivé à Bonaguil, j'y découvre un château imposant posé au milieu de nulle part. (drôle d'idée !)
Après cette visite "de courtoisie" je repars vers Condat. Bye bye Bonaguil.
Je quitte le camping en début d'après-midi pour reprendre ma remontée de la vallée. Des villages typiques s'égrènent le long du Lot comme ici Puy-L' Eveque...
Ou encore Albas.
En fin de journée j'arrive dans la petite bourgade de Luzech à quelques encablures de Cahors.(85 km au zénith). J'y fais une halte d'une journée pour prendre un peu de repos et préparer vaguement la suite de l'itinéraire. RAS farniente.
Au matin du 6ème jour je quitte Luzech et arrive à Cahors. C'est ici que la véloroute prend fin. Je vais maintenant tracer mon parcours par des petites routes secondaires sans utiliser de GPS dernier cri. Les bonnes cartes michelin feront l'affaire et elles sont à mon goût idéales (pour le vélo). Mais avant ça j' emprunte l'emblématique pont Valentré.
Je roule à présent sur la D8 qui monte et serpente sur les hauteurs du causse.
C'est sur cette route de cocagne que je découvre par une vue plongeante St-Cirq-Lapopie (village classé).
Une photo de 1930 posée sur marbre rappelle que le village est immuable.
Les images parlent d'elles-même...
Après visite et "sandwich boisson fraîche", je continue mon chemin sur la D8
La route longe maintenant la rive gauche du Lot en passant par Cénevières et son château...
et elle flirte de temps à autres le long des parois rocheuses qui agissent comme une vraie "clime".
Comment ne pas conseiller cet itinéraire à tous les cyclos, la D8 est splendide avec en plus un très faible trafique !.
C'est comme ça que j'arrive à Cajarc (aux portes de l'Aveyron) où j'y installe la tente en milieu d'après-midi. (85 km plein les yeux). Je profite du marché des producteurs locaux pour faire le ravitaillement et me balader dans quelques ruelles.
C'est à 10h30 le lendemain que je quitte Cajarc et poursuis le long de la rivière. D'abord sur la rive droite (côté Lot) jusqu'à Larroque-Toirac...
puis sur la rive gauche (côté Aveyron) jusqu'à Capdenac. Voilà !, ma remontée du Lot se termine ici. Je quitte la vallée que je côtoyais depuis 5 jours et poursuis mon chemin vers Figeac.
Il est 13 heures quand je rentre dans le centre ville de Figeac pour un "sandwich boisson fraîche". Peu de monde, c'est dimanche.
Après une petite heure de pose, je me dirige sous le soleil Lotois vers la vallée du Célé.
Je longe maintenant le Célé, ce petit affluent du Lot sillonne au pied des falaises calcaires et traverse les villages de Espagnac-Ste-Eulalie, Marcilhac, ou encore Sauliac
Plus je descends la vallée et plus le décor devient surprenant.
La route me mène en fin de journée à Cabrerets. (100km et une vallée mythique). Une vielle photo témoigne du passé du village qui n'a pas beaucoup changé aujourd'hui.
J'installe la tente face à l'entrée du village où une légende s'y raconte.
A quelques centaines de mètres de là je découvre un curieux château appelé : château du diable !.
Et bien sur avec un nom pareil une légende y circule
Ce soir-là c'était pas la nuit de noël, mais j'ai vu la chevrette blanche !. Allez, je vous mets la photo en preuve.
Le lendemain je quitte presque avec regret Cabreret, le Célé, et son étonnante vallée.
La D42 m'amène sur les hauteurs du causse de Gramat. J'en ai un peu bavé dans la longue montée, mais le causse est rude paraît-il !. Des murets de pierres sèches jalonnent les routes dans un décor authentique.
Un vent chaud venant du Sud souffle sur les hauteurs, certains disent que c'est le vent des fous. Tout ça sous un soleil de plomb, il y avait un fou de plus c'était moi !.
Je traverse comme ça Orniac, Sénaillac et Caniac pour arriver à "Fontac", ouups je veux dire Fontanes !( Je m'y perd avec tous ces "ac"). Et sur le mur de l'église un panneau un peu particulier qu'on ne trouve qu'ici je suppose.
Quelques kilomètres plus loin j'arrive à Lunegarde. J'y trouve une petite place ombragée et un robinet d'eau fraîche, l'endroit rêvé pour grignoter et se rafraichir les idées.
Je reprend ensuite mon fidèle compagnon à deux roues sur la D42
Le vent des fous me pousse jusqu'à Reilhac (tiens un "ac" !). Et c'est dans ce village du causse que j'apprends l'existence d'un triangle noir !
Alors c'est quoi cet étrange triangle noir ?!
Dommage il fait jour et j'ai encore de la route. J'emprunte maintenant la D14.
Certains se mettent à l'ombre et se désaltèrent pendant que d'autres pédalent au soleil. Enfin je crois que ce jour-là j'étais le seul à pédaler dans ce coin.
J'ai toujours eu une totale confiance sur certains panneaux, et j'ai eu raison d'y croire.
Après avoir traversé Gramat, je quitte le causse pour arriver au cirque d'Autoire. Je m'aperçois ici que j'étais monté très haut et que je vais pouvoir descendre très bas ! (un peu comme au ski). Une belle descente en roue libre pour rejoindre la vallée de Saint-Céré. Ca va l'faire ! surtout en fin de journée.
C'est sans donner un seul coup de pédales que j'arrive à Autoire (village classé). Longue discussion avec un villageois un peu bavard, mais j'avais pas trop le temps. <<désolé ! au revoir>>.
Je poursuis mon chemin et arrive à Saint-Céré vers 18h30. (80km insolites). Au camping municipal, emplacement spécial réservé aux cyclos et randonneurs, tables de jardins à disposition, séchoir à linge, bref le grand luxe. Et une piscine que j'ai vite fait de tester en arrivant, ça c'était pour la "cerise !". Le tout pour un petit 5 euros. Si quelques cyclos passent par-là n' hésitez pas. Mais la cerise du gâteau a vite été avalée quand je me suis réveillé au matin sous un ciel menaçant. Pluie et orages pour la journée, ce qui veut dire rester sur place. Ce jour-la RAS, juste une sortie de 35 km pour une visite au village de Loubressac.
Le lendemain je reprends ma petite vie d'itinérant en me dirigeant vers les rives de la Dordogne Lotoise. Le ciel est voilé mais il fait bon pédaler et il y a toujours une curiosité sur la route, comme ici le château de Castelnau...
Ou un peu plus loin le village de Carennac. (quelques ressemblances bretonnes?)
La D43 et la D23 longent les parois calcaires des bords de rivière pour me mener à Lacave .
Il est 13h quand j'arrive à Lacave et mon estomac me réclame. Petite halte devant ce promontoire rocheux.
Après le plein d'énergie je rejoins les hauteurs du Causse par une longue montée, ça devient une habitude maintenant : "même pas mal !"
Au bout de la route une vue magnifique sur Rocamadour. C'est de l'extérieur que le site prend toute sa dimension, à l'intérieur il n'y a que boutiques,restos, et trop de monde.
Avec un peu d'imagination on pourrait croire à un décor de Far West.
C'est joli mais ça monte et ça descend en permanence. De "même pas mal" je suis passé au stade "un peu mal" !. Par la D32 je me dirige vers Labastide-Murat pour rejoindre la vallée d'un petit cours d'eau nommé le Céou. Et c'est où tout ça ?
Après un long chemin, c'est une arrivée un peu tardive à Vaillac, puis St-Germain-Du-Bel-Air. (115 km de yoyo).
Le réveil matinal se fait sous la pluie mais une accalmie se dessine et je poursuis mon chemin en suivant la vallée.
Le Céou m'amène vers la vallée de la Dordogne et notamment Domme où un copain m'attend pour midi.
Après un bon repas et le bavardage des retrouvailles, je reprend la route que vers 16H. J'emprunte la D50 puis la D53 qui passe par les hauteurs de Belves.
De là un vent de face me fait front jusqu'à Beaumont du Périgord. Fin de journée galère, je peste "sur mon compagnon à 2 roues" pour une crevaison. C'est pas le moment, il est tard et j'ai pas encore d'emplacement pour la nuit. Je finis par trouver un camping rurale au bout d'une interminable montée ! arrf ! "sans commentaire" !. (95 km plein les guiboles).
Vers 10h du matin je repars en sillonnant sur les coteaux du Périgord. Un vent d'ouest en plein piff me donne l'impression d'avoir un parachute dans le dos !. Je pédale sur le plat, je pédale dans les montées, et je pédale dans les descentes !!. J'arrive comme ça dans un resto de Monbazillac où je m'offre une grosse salade Périgourdine et un grand bol de frites. Pour la digestion une petite leçon d'orientation face à la vaste plaine de Bergerac.
Je me dirige ensuite plein ouest en direction de St Foy-La-Grande, et comme le vent est toujours orienté ouest je lui fait face.
Passé St-Foy-La-Grande je longe la rive gauche de la Dordogne en traversant le village de Eynesse, puis Pessac-s-Dordogne où quelques pêcheurs pénards taquinent le poisson.
Je quitte ensuite la tranquillité de la rivière pour côtoyer le château de Montaigne et sa campagne authentique.
J' arrive en fin de journée au terme de mon avant dernière étape pour une visite familiale. (85 km toutes voiles dehors). C'est un bon repas qui m'attend et un vrai lit. (me rapelle plus c'que c'est un lit !)
Je me réveille donc en pleine forme pour l'ultime journée où près de 165 km m'attendent. Ciel bleu et pas de vent, c'est plutôt une bonne nouvelle. Déjeuné en famille, grand bol de café et hop !... le vélo me manquait !.
J'emprunte la D21 et la D17 qui me mène au pied de l'abbaye de Blasimon.
Puis je serpente dans la région de l'entre-de-mer pour arriver quelques km plus loin dans la bastide de Sauveterre-De-Guyenne.
C'est ici que je retrouve les belles pistes cyclables de Gironde.
Celle nommée "Roger Lapébie" relie Sauveterre à Bordeaux au travers d'un paysage bucolique bordé de vignes, de champs de cultures, et d'anciennes gares rénovées.
A Espiet pose repas sur une aire de pique-nique puis poursuite du trajet.
J'arrive à Bordeaux par la rive droite et emprunte le pont de pierre pour rejoindre les magnifiques quais du bord de Garonne.
Après une progression assez lente dans l'agglomération, je m'engage sur la piste Bordeaux-Lacanau où de grandes lignes droites traversent la forêt Landaise à perte de vue. Tout au bout l' Océan m'attend.
Ma petite vie de nomade s'arrête ici. (1200 km de plaisir). Je remercie tous les gens rencontrés sur la route (ceux qui m'ont encouragés sur les bords des chemins et ailleurs, ceux qui m'ont spontanément pris en photos, ceux qui m'ont hébergés et nourris quelques-fois). Et puis bien sur un remerciement particulier à mon plus fidèle compagnon (le vélo), infidèle qu'une seule fois pour une crevaison. arrf!.. je lui en veux pas.
"Une fois qu'on est en route, on ne connaît ni adieu ni regret, il devient chaque jour un peu moins possible de faire demi-tour, on ne le souhaite d'ailleurs plus" Annemarie Schwarzenbach
29 octobre 2008
La côte d'Argent s'embrase au coucher du soeil
Ce sera probablement mon dernier post de l'année. Ces derniers mois je me suis tourné vers des activités sportives. Mes photos sont donc plus rares mais Il m'arrive encore de faire quelques clichés quand l'occasion se présente. Alors je vous donne peut-être rendez-vous en 2009 avec une nouvelle banque d'images......
bye bye
01 mars 2008
Il y a des villages en province...
...où la 2CV est éternelle..







































































































































